Préparation de l'expédition au Cho Oyu - Bruno Buchet - Cho Oyu en Septembre 2007

Situation géographique

Cho Oyu, la Déesse de turquoise

Le Cho Oyu (la Déesse de Turquoise en tibétain) est situé en Himalaya sur la frontière entre Tibet et Népal dans le massif du Mahalangur Himal , à 25 km au Nord-Ouest de l’Everest.

L'Everest depuis le sommet du Cho Oyu

Depuis le sommet du Cho Oyu à 8201m, on peut apercevoir la face nord de L'Everest.

Le Cho Oyu est à 25km de l'Everest
Les expéditions pour la face nord du Cho Oyu partent de Katmandou au Népal mais l'approche se fait à partir du Tibet.

Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le samedi 2 juin 2007 à 01:00 :: 4 commentaires

Une ascension en technique alpine

Contrairement à mon ascension du Broad Peak (8047m) effectuée au sein d'une équipe en 2005 au Pakistan, j'ai choisi cette fois d'effectuer l'ascension du Cho Oyu en technique alpine. C'est un style d'escalade qui aborde les plus hautes parois de l'Himalaya comme les parois alpines classiques ce qui signifie que je n'utiliserai ni cordes fixes, ni porteurs d'altitude, ni oxygène . Je porterai tout mon matériel au-dessus du Camp de Base Avancé : tente, réchaud, gaz, duvet, matelas, nourriture etc...Après une phase d’acclimatation, je tenterai le sommet en déplaçant mon bivouac de camp en camp.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 23:00 :: 6 commentaires

Mon expérience d'alpiniste

Je grimpe dans les écoles d'escalade du département 53 et de la région ouest, sur la SAE (Structure Artificielle d'Escalade) de mon club le NEPAL (Nature Escalade Plein Air Laval -he oui!-), mais surtout je pratique la montagne depuis plus de 25 ans et le ski de raid depuis plus de 10 ans. Sauf exceptions (cascades de glace en Ecosse, escalade dans les Mallos de Riglos en Espagne) je pratique ces activités dans les Alpes, essentiellement dans le Massif du Mont Blanc, mais aussi dans le massif des Ecrins, les Dolomites ou dans le Valais Suisse pour les raids à ski effectués avec les amis de Laval : Yves, Jacky Patrick et Vincent.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 22:00 :: 191 commentaires

Mon expérience en Himalaya. (voir aussi la catégorie Expédition sur ce blog et sa galerie)

J'ai atteint le sommet central du Broad Peak à l'altitude de 8030m au Pakistan en juillet 2005 lors d'une expédition internationale dirigée par une agence australienne.
Sur les 15 grimpeurs et grimpeuses qui composaient le groupe, seul 2 atteignirent le sommet central et aucune expédition ne parvint au “vrai” sommet (8047m) tant les conditions de neige étaient mauvaises.
Seule une très forte cordée de Khazaks ouvrant une voie nouvelle sur le versant sud passa par le sommet pour redescendre sur la voie normale. Il furent nominés au Piolet d'Or en 2005.

Sommet central du Broad Peak 8030m devant le K2

Cette première expérience a été riche d'enseignements pour moi.
  • Je supporte la très haute altitude (je n'avais jamais dépassé l'altitude du Mont Blanc auparavant) et je suis capable de faire la trace dans une neige profonde au-dessus de 7500m (et pas simplement d'attendre que d'autres fassent le travail à ma place.)
  • Je supporte les très longues périodes d'inactivité au camp de base dues au mauvais temps et je sais patienter sans perdre ma motivation J'ai beaucoup apprécié la camaraderie des gens qui m'entouraient.
  • Je supporte sans trop de problèmes la solitude des camps d'altitude dans le mauvais temps, le vent et l'isolement.
Enfin et surtout j'ai goûté à la très haute altitude, à sa lumière incomparable et j'ai envie d'y retourner.

Le Broad Peak et son versant pakistanais depuis le glacier du Baltoro

Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 21:00 :: aucun commentaire

L'entraînement avant

Je n'effectue pas d'entraînement spécifique pour gravir un 8000m. Je cherche simplement à pousser un peu plus loin mes activités habituelles qui sont le VTT, la course à pied, à raison d'une sortie tous les deux jours environ et je multiplie les occasions d'aller en altitude que ce soit en ski de raid ou en alpinisme. Toutefois, étant donné l'altitude élevée du camp de base du Cho Oyu, j'envisage avant mon départ pour Katmandou de camper le plus haut possible dans le massif du Mont Blanc, si possible au-dessus de 4500m pour commencer à m'acclimater.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 20:30 :: 9 commentaires

Historique des ascensions du Cho Oyu

Il s'agit de la voie normale de l'ascension réalisée en 1954 par la face nord-ouest du versant tibétain. La première revient à Herbert Tichy, un himalayiste autrichien mystique et au sherpa Pasang Dawa dans un style alpin audacieux pour l'époque.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 20:00 :: aucun commentaire

L'approche vers le camp de base

Les expéditions pour le Cho Oyu partent de Katmandou capitale du Nepal. Pour gravir la face nord-ouest il faut se rendre au Tibet jusqu'à la ville de Tingri et de là emprunter une piste qui mène au camp de base chinois. Pour arriver à Tingri on emprunte la "route de l'amitié", soit depuis Lhasa que l'on peut rejoindre par avion, soit depuis Katmandou. C'est cette solution plus rapide et moins onéreuse que je choisirai.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 19:00 :: un commentaire

L'itinéraire de la voie Tichy

La face nord-ouest Du CBA au camp I à 6450m A environ 4 km du camp de base avancé il existe un camp intermédiaire de dépôt de matériel que l'on atteint en 2 heures pour quelqu’un d’acclimaté. Il est situé à 6000m au pied de la “killer slope”, une petite pente raide d’éboulis instables de 250 m de haut, suivie d’une pente moins raide de neige qui mène au C1 à 6450m.

Du camp1 au camp II à 7100m
On suit une arête neigeuse jusqu’à 6800 m, au pied du "sérac"( ice fall), principale difficulté technique de la voie dont les conditions sont très variables en fonction des années. Après ce passage, on atteint assez vite un premier plateau à 6900 m, ensuite, on chemine dans une zone raide jusqu’au deuxième plateau où se situe le camp II à 7100 m. Il est réputé exposé au vent et aux avalanches.

Du Camp II au camp III à 7500m ou directement vers le sommet
Pas de difficultés particulières pour atteindre le Camp III qui est également très exposé au vent et aux avalanches. Si la trace est déjà faite il devrait être possible de monter directement au sommet en abordant la deuxième difficulté technique de la voie : la “yellow band", un mur côté IV qui, suivi de pentes raides, mène au plateau sommital situé à 8000m. Il semble que beaucoup s'arrêtent là puisque l'altitude de 8000m est atteinte mais le sommet est encore plus haut et chaque mètre compte.

Le sommet 8201m
En fait c’est un plateau sommital large comme dix terrains de football mais totalement déroutant dans le mauvais temps ou par brouillard. Pour vérifier que l’on se trouve bien au sommet on doit, par beau temps, apercevoir la face nord de l’Everest à 25 km à l'est du Cho Oyu.

Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 18:00 :: aucun commentaire

La période d'ascension : avant ou après la mousson?

  • L’été, les neiges de mousson sont trop abondantes pour autoriser des expéditions normales. La mousson amène pluies et vents depuis l'Océan indien qui s'abattent sur l'Inde et le Bangladesh mais le Népal n'est pas épargné. A partir de 5 000 mètres, la mousson devient neige et des avalanches démesurées sévissent alors, rendant toute ascension impossible.

  • Avalanche de poudreuse

  • Le printemps est une période sèche, mais après l'hiver qui est sec, la glace est extrêmement dure et abondante.

  • L’automne est la plus belle saison pour les expéditions. Le temps est en général beau et stable et les faces sont bien enneigées. A noter cependant que c’est en automne que se produisent les avalanches les plus meurtrières ( les précipitations du type « queue de mousson » sont très abondantes).

Pour ces raisons et d'autres plus professionnelles, mon projet s'accordait bien avec le choix d'un ascension en septembre 2007.

Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 17:00 :: aucun commentaire

Le camp de base et l'acclimatation

Le camp de base est situé à environ 5700 m d’altitude, au nord-est du col du Nangpa-La sur le glacier du Kyabrak et la facilité de son accès en simplement deux jours de marche (comparé aux cinq jours par exemple pour le Broad Peak ou le K2 dont le camp de base n'est qu'à 5000m) constitue en fait un piège redoutable. En effet l'alpiniste trop pressé verra sa forme et même sa santé décliner au camp de base situé trop haut pour une acclimatation en douceur.

Le camp de base chinois

En outre entre le CBC et le CBA, il n’y a pas de sommet évident et facile qui permettrait de s’acclimater à l’altitude, et la possibilité de perdre rapidement de l'altitude en cas de Mal Aigu des Montagnes n'existe pas.
La conclusion est qu'il faut être bien acclimaté avant de quitter le CBC

Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 16:00 :: aucun commentaire

Dangers de la très haute altitude

A mesure que l'on s'élève vers l'altitude de 8000m le corps souffre du manque d’oxygène, conséquence directe de la diminution de la pression atmosphérique. Au sommet du Mont Blanc, l'alpiniste n'a plus que 70%de ses capacités du niveau de la mer. Au sommet du Cho Oyu 8201m, il n'en dispose que de 20 à 30%, à peine assez pour avancer à un rythme lent. Les réactions au manque d'oxygène sont variables en fonction de l'acclimatation mais presque tout le monde subit les effets du MAM (Mal Aigu des Montagnes) et il faut prendre garde aux oedèmes cérébraux et pulmonaires.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 15:00 :: 200 commentaires

Gravir un 8000m avec oxygène n'est pas une solution.

On a d'abord affirmé qu’il était impossible d’atteindre 8 848m (l’altitude du sommet de l’Everest) sans bouteille d’O2. Il a fallu attendre 1978 pour que Reinhold Messner et Peter Habeler prouvent le contraire. On a admis alors que c’était possible, mais qu'il fallait s’acclimater longtemps et progressivement en installant de nombreux camps en haute altitude. Dans ce contexte certains ont recours à l'oxygène qui permet d'abaisser artificiellement l'altitude de 1500 à 2000m. Ainsi au lieu d'être à 8000m le grimpeur qui respire un mélange d'oxygène a l'impression d'être à 6500m environ. Pour plusieurs raisons, cette solution est à proscrire :

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 14:00 :: aucun commentaire

Aspects matériels et budget

Lors de mon expédition au Broad Peak en 2005, le matériel d'altitude était compris dans les prestations de l'agence et en partie acheminé par des porteurs de camp en camp. Pour le reste, nous étions par groupe de trois alpinistes environ pour nous partager le portage des tentes, réchauds, gamelles, cartouches de gaz et pelles à neige.

Cet aspect du portage est la grosse différence avec l'ascension en style alpin que j'envisage.Il me faudra monter tout moi-même au dessus du camp de base avancé (CBA) c'est pourquoi je dois acheter ou renouveler du matériel léger mais solide et fiable.

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Par Bruno Buchet dans Préparation de l'expédition au Cho Oyu Le vendredi 1 juin 2007 à 12:00 :: un commentaire